Aperçu du marché : La technologie du stockage évolue à mesure que les batteries jouent un rôle accru dans les réseaux électriques
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Date de diffusion : 2026-10-07
Les systèmes de stockage d’énergie par batterie (« SSEB ») emmagasinent l’électricité lorsqu’elle est disponible et la restituent au moment opportun. Ils soutiennent les réseaux électriques en les aidant à gérer les périodes de pointe, à fournir rapidement des services auxiliaires et à intégrer la production renouvelable variable d’origine éolienne et solaire. Compte tenu de l’évolution des technologies liées aux batteries, de la baisse des coûts et de la transformation des réseaux électriques, le déploiement des SSEB a connu une croissance rapide qui devrait se poursuivre dans les années à venir.
Les SSEB peuvent être configurés en unités modulaires, nécessitent relativement peu d’infrastructure sur place et sont souvent plus rapidement déployables que d’autres formes d’infrastructures énergétiquesNote de bas de page 1. Il est possible de les positionner stratégiquement afin de faciliter le transport de l’électricité sur le réseau et de réduire la congestion dans les secteurs les plus sollicités. Le coût des batteries a considérablement diminué depuis leur apparition, ce qui a contribué à rendre les systèmes de longue duréeNote de bas de page 2 plus viables et à soutenir le déploiement croissant et rapide des SSEB. Bien que de nombreux réseaux à grande échelle aient d’abord été conçus pour fournir de 1 à 2 heures de stockage, désormais les systèmes de plus longue durée (4 heures ou plus) se répandent. Cela améliore la capacité des SSEB à assurer la fiabilité du réseau, à intégrer l’énergie renouvelable au réseauNote de bas de page 3 et à déplacer la disponibilité de l’électricité tout au long de la journéeNote de bas de page 4.
Accélération du déploiement des batteries au Canada et ailleurs dans le monde
L’Agence internationale de l’énergie (« AIE ») a indiqué que 108 gigawatts (« GW ») de nouvelle capacité de stockage dans des batteries avaient été déployés à l’échelle mondiale en 2025, soit 40 % de plus qu’en 2024, et que la capacité totale installée était 11 fois plus élevée qu’en 2021. Environ 80 % des nouvelles capacités de stockage par batterie en 2025 étaient destinées au réseau à grande échelle, tandis que le reste a été installé en aval du compteur chez des consommateurs résidentiels et commerciauxNote de bas de page 5. L’AIE présente des scénarios dans son rapport annuel intitulé World Energy Outlook. Dans l’édition de 2025, elle rapporte que la progression rapide du stockage d’énergie par batterie se poursuit alors que la part croissante de la production d’électricité variable par des ressources renouvelables accroît le besoin de flexibilité du réseau électrique. Selon le scénario des politiques annoncées de l’AIE, la capacité mondiale des systèmes de stockage d’énergie par batterie installés atteindrait environ 900 GW en 2030 et près de 1 700 GW en 2035. La hausse est également forte dans le scénario des politiques actuelles, selon lequel la capacité installée atteindrait environ 1 400 GW en 2035Note de bas de page 6.
Le réseau électrique du Canada devrait aussi connaître un essor important du stockage d’énergie par batterie. Dans son rapport sur l’avenir énergétique du Canada en 2026, la Régie s’attend à ce que la capacité de stockage d’énergie par batterie passe de 0,4 GW en 2023 à 15 à 23 GW d’ici 2050, selon le scénario retenu. On s’attend à ce que les batteries contribuent davantage à la flexibilité et à la fiabilité du réseau électrique au Canada.
Le déploiement de cette technologie au Canada demeure modeste par rapport à ce qui se fait ailleurs, mais la croissance s’accélère. Selon l’Association canadienne de l’énergie renouvelable, la capacité de stockage d’énergie installée du Canada a plus que doublé en 2025 pour atteindre près de 1 GWNote de bas de page 7. Le projet de stockage d’énergie de HagersvilleNote de bas de page 8, en Ontario, a amorcé son exploitation commerciale en février 2026. Il s’agit maintenant de la plus grande installation de ce type au pays, à 300 mégawatts (« MW ») (1 200 mégawattheures [« MWh »]), qui fournit jusqu’à 4 heures d’énergie continue au maximum de sa capacité.
L’Ontario reste à la tête du déploiement des SSEB au Canada, la province étant appuyée par un approvisionnement continu de la Société indépendante d’exploitation du réseau électrique (« SIERE ») et un nombre accru de projets en cours d’élaboration et de construction. Par exemple, en 2026, les 3 projets sélectionnés dans le cadre du volet de capacité pour la deuxième demande de propositions à long terme (« LT2 ») de la SIERE étaient des projets de stockage par batterie, représentant 640 MW de capacité contractuelle maximale, visant à assurer la fiabilité du réseau pendant les périodes de pointeNote de bas de page 9. L’un des projets retenus est le Simcoe Battery ProjectNote de bas de page 10, qui fournira 150 MW (1 200 MWh) et sera doté d’un SSEB d’une durée de 8 heures. L’Ontario a déclaré que les nouvelles capacités de stockage par batterie sont 36 % moins chères que celles acquises dans le cadre du précédent programme gouvernemental d’acquisition de capacités DP E-LT1Note de bas de page 11.
L’Alberta offre un exemple utile d’application différente du stockage d’énergie par batterie au réseau électrique. Bien que les récentes démarches d’approvisionnement de l’Ontario aient surtout porté sur l’obtention d’une capacité de stockage pour répondre aux pointes de consommation futures, l’Alberta, pour sa part, met au point des services complémentaires qui pourraient reposer sur les SSEB afin de réagir avec agilité aux baisses de fréquence et d’assurer la fiabilité des interconnexions. L’Alberta Electric System Operator (« AESO ») élabore actuellement le Fast Frequency Response Plus (« FFR+ »), un service auxiliaire toujours disponible et conçu pour réagir presque instantanément aux baisses de fréquence à la suite de la perte d’une interconnexion. L’AESO a proposé d’acquérir jusqu’à 750 MW auprès du service FFR+ dans le cadre de contrats commerciauxNote de bas de page 12.
Bien que les approches de ces provinces diffèrent, elles visent toutes deux à assurer la fiabilité du réseau électrique : l’Ontario en s’assurant qu’une capacité suffisante est disponible pendant les périodes de forte demande, et l’Alberta en améliorant la capacité du réseau à réagir aux perturbations et à demeurer stable. Ces progrès témoignent de l’importance croissante du stockage d’énergie par batterie pour la fiabilité du réseau électrique.
Par ailleurs, la participation des Autochtones et des collectivités sera probablement un élément déterminant de la progression du stockage d’énergie au Canada. La Régie a rapporté une hausse des projets d’énergie renouvelable au Canada détenus par des AutochtonesNote de bas de page 13, et l’Association canadienne de l’énergie renouvelable a indiqué qu’il y avait 118 projets de stockage d’énergie éolienne et solaire, en 2025, qui étaient la propriété de communautés autochtones au pays. En outre, la presque entièreté des processus d’approvisionnement en stockage d’énergie au Canada, en 2025, incluaient des critères ou des mesures incitatives en faveur de la participation des Autochtones ou facilitant la propriété autochtoneNote de bas de page 14.
Parmi les diverses technologies de batteries, les batteries au phosphate de fer lithié dominent les déploiements de stockage
Technologies des batteries
Batterie au plomb-acide : L’une des premières composantes chimiques des batteries utilisées dans les démonstrations de SSEB à grande échelle, dont certains projets remontent au début des années 1980. Les batteries au plomb-acide sont une technologie mature et relativement peu coûteuse, mais elles sont lourdes et ont une faible densité énergétique. Elles ont généralement une durée de vie plus courte que les nouvelles technologies dans un contexte de charge-décharge fréquente.
Batterie au sodium-soufre : L’une des premières technologies de batteries déployées commercialement, avec des installations de plusieurs mégawatts, pour le stockage d’énergie destiné au réseau électrique. Les batteries au sodium-soufre ont fait leur apparition commerciale au Japon au début des années 2000. Elles conviennent à une utilisation de plusieurs heures, comme pour l’écrêtement des pointes, le nivellement de la charge et le soutien au réseau. En revanche, elles fonctionnent à des températures élevées, ce qui accroît la complexité de leur exploitation, notamment en matière de sécurité.
Batterie rédox : Batterie dont l’énergie est habituellement stockée dans des électrolytes liquides conservés dans des réservoirs externes. Cela permet d’ajuster indépendamment la puissance et la capacité énergétique, contrairement aux batteries classiques comme les batteries lithium-ion. Elles conviennent bien aux applications stationnaires et de longue durée, présentent généralement moins de risques d’incendie et ne sont pas sujettes au même mécanisme d’emballement thermique que les batteries lithium-ion. Les batteries rédox au vanadium ont une longue durée de vie et comptent parmi les technologies plus matures et largement déployées. Toutefois, leur pénétration du marché demeure inférieure à celle des batteries lithium-ion en raison de leur coût plus élevé, de leur plus faible densité énergétique et parce qu’elles dépendent de chaînes d’approvisionnement moins développées.
Batterie lithium-ion : La famille dominante de batteries commerciales pour les systèmes de stockage d’énergie par batterie modernes. La batterie lithium-ion est devenue la technologie de pointe des SSEB dans les années 2010 à mesure que le secteur manufacturier a pris de l’expansion, que les coûts ont diminué et que le rendement s’est amélioré. Elle convient bien aux applications du réseau électrique, parce qu’elle est modulaire, efficace et rapide. Néanmoins, les systèmes au lithium-ion exigent une gestion sécuritaire rigoureuse, car l’emballement thermique peut se propager d’une cellule à l’autre et provoquer des incendies de batterie. Les batteries de véhicules électriques mises hors service peuvent être réutilisées pour le stockage d’énergie stationnaire. Des systèmes de gestion des batteries servent à la surveillance et à la gestion sécuritaire des batteries.
Batterie au phosphate de fer lithié (« batterie LFP ») : La composition chimique dominante des batteries lithium-ion pour les SSEB qui sont utilisées dans le réseau électrique moderne. La batterie LFP est habituellement plus abordable que certains produits chimiques au lithium-ion à base de nickel. Comme elle ne contient pas de nickel ni de cobalt, la chaîne d’approvisionnement de la batterie LFP est exposée à moins de risques. Sa densité énergétique inférieure à celle des batteries lithium-ion à base de nickel est moins déterminante pour le stockage d’énergie stationnaire que pour le transport. En outre, son coût inférieur, son adaptabilité aux cycles fréquents et sa stabilité thermique accrue la rendent compatible à de nombreux projets à grande échelle dans le réseau.
Batterie lithium-ion à base de nickel, y compris la batterie NMCNote de bas de page 15 et la batterie NCANote de bas de page 16 : Les produits chimiques au lithium-ion à plus forte densité énergétique sont davantage utilisés dans les véhicules électriques que dans les SSEB stationnaires. Ces batteries peuvent stocker plus d’énergie dans un format réduit et léger, mais coûtent souvent plus cher et dépendent davantage des chaînes d’approvisionnement en nickel et en cobalt. Pour de nombreuses applications à grande échelle dans le réseau électrique, elles sont devenues moins attrayantes que les batteries LFP, à moins qu’il soit question d’un projet encadré par des contraintes d’espace ou de rendement particulières.
Batterie sodium-ion : Composition chimique émergente des batteries en vue du stockage d’énergie à l’échelle commerciale, qui fonctionne selon le même principe que les batteries au lithium-ion, mais où le lithium est remplacé par du sodium. Les batteries sodium-ion offrent un excellent rendement dans les régions au climat froid et pourraient réduire l’exposition à la volatilité des prix du lithium. L’autre avantage est que le sodium est plus abondant et plus diversifié sur le plan géographique que le lithium. La densité énergétique inférieure des ions de sodium par rapport à celle des batteries lithium-ion actuelles n’est pas un obstacle majeur pour le stockage d’énergie stationnaire, contrairement aux véhicules électriques à longue distance. Nouvelle technologie prometteuse, les batteries sodium-ion ont un potentiel commercial croissant, mais sont encore confrontées à la concurrence des batteries lithium-ion optimisées qui sont plus abordables, comme les batteries LFP.
Autres compositions chimiques de longue durée : Des batteries à base de zinc ou de fer, des batteries métal-air, ainsi que des batteries rédox avancées et d’autres modèles de longue durée sont en cours d’élaboration pour des applications auxquelles les SSEB au lithium-ion avec une autonomie de 2 à 4 heures ne peuvent répondre adéquatement. On pense notamment au stockage d’énergie pendant la nuit ou au soutien du réseau sur plusieurs jours. Ces technologies doivent être moins coûteuses pour être concurrentielles, mais elles ne sont pas encore courantes. On s’attend à ce que les batteries lithium-ion continuent de dominer, à court terme, pour les applications de courte durée. En revanche, l’intérêt pour les batteries non classiques prend de l’ampleur puisque les centres de données et les réseaux d’électricité recherchent une plus grande flexibilité.
La plupart des nouveaux projets de stockage d’énergie par batterie reposent sur des batteries lithium-ion, surtout des batteries au phosphate de fer lithié. L’Agence internationale de l’énergie a rapporté que les batteries LFP représentaient environ 90 % des déploiements de stockage d’énergie par batterie en 2025Note de bas de page 17. Les batteries LFP ont une densité énergétique inférieure à celle de certaines autres batteries lithium-ion, mais sont généralement plus abordables et bien adaptées aux charges et décharges répétées, ce qui en fait un choix populaire pour le stockage d’énergie à l’échelle du réseau.
Les batteries sodium-ion suscitent de plus en plus d’intérêt commercial comme solution complémentaire aux batteries lithium-ion, particulièrement pour le stockage d’énergie stationnaire. Alors que la production mondiale de sodium-ion représentait toujours moins de 1 % de la production mondiale du lithium-ion en 2025, les grands fabricants de batteries augmentent leur production et déploient progressivement leurs installations commerciales, y compris pour le stockage d’énergie à l’échelle du réseauNote de bas de page 18. En 2024, l’Agence internationale de l’énergie anticipait que la part des ajouts à la capacité mondiale de stockage par batterie sodium-ion pourrait atteindre environ 10 % d’ici 2030 et continuer de croître par la suiteNote de bas de page 19. Le stockage d’énergie stationnaire, comme les services de soutien au réseau, est généralement moins contraint par la taille et le poids des batteries que dans le cas des véhicules électriques. Par conséquent, les batteries sodium-ion pourraient devenir une option attrayante pour certaines applications du SSEB. En effet, elles présentent plusieurs avantages, notamment des matériaux moins coûteux, une chaîne d’approvisionnement plus diversifiée et une stabilité thermique accrue. Dans certains cas, ces avantages peuvent l’emporter sur la recherche d’une densité énergétique maximale. En outre, les batteries sodium-ion ne nécessitent pas de lithium et peuvent être particulièrement performantes à basse température, ce qui en fait un choix indiqué pour des applications utilisées en climat froid.
Le stockage par batterie ne remplace pas toutes les formes de production distribuable, mais il occupe une part plus importante des solutions assurant la fiabilité du réseau. Les SSEB de courte durée sont particulièrement utiles pour offrir une alimentation rapide, un écrêtement des pointes, un soutien de fréquence et pour stocker la production d’énergie renouvelable excédentaire et la restituer lors des périodes de pointe. De nombreux réseaux électriques auront encore besoin de stockage de longue durée, d’agrandissement du réseau de transport, d’hydroélectricité, de réaction à la demande et d’autres sources de production d’électricité contrôlables. À mesure que le déploiement de l’énergie éolienne et solaire continuera de prendre de l’ampleur, les SSEB joueront un rôle accru pour éviter les limitations de la production, pour déplacer la disponibilité de l’énergie en fonction des moments de la journée et pour maintenir la fiabilité du réseau. Le rythme de déploiement dépendra de l’évolution de la baisse des coûts des batteries, de l’accès aux raccordements au réseau, de cadres de réglementation et de marchés favorables, de l’amélioration des chaînes d’approvisionnement ainsi que du développement du recyclage.
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