Aperçu du marché : Hausse des exportations de propane à partir de l’Amérique du Nord

Date de diffusion : 2015-08-05

Au Canada et aux États Unis, la mise en valeur accélérée de gisements de gaz de schiste riche en liquides et la croissance marquée de la production de liquides de gaz naturel (LGN) qui en découle ont eu des répercussions sur les producteurs de propane. C’est ainsi qu’en 2015 les stocks de propane en Amérique du Nord ont atteint un niveau record et que les prix de gros sur le continent sont de loin inférieurs aux prix internationaux. Par exemple, en juin 2015, le prix de gros d’un gallon de propane était de 0,02 $ alors que sur la côte américaine du golfe du Mexique, dans le nord-ouest de l’Europe et au Japon, ce prix atteignait respectivement 0,36 $, 0,68 $ et 0,96 $ (tous les montants en dollars US). À l’heure actuelle, l’excédent de propane au Canada est exporté dans son intégralité aux États-Unis.

La croissance de l’offre de propane et d’autres LGN en Amérique du Nord a été à l’origine d’une forte hausse des exportations américaines de propane, de butanes (les gaz de pétrole liquéfiés ou GPL) et d’éthane depuis 2010. À partir des États-Unis, les exportations de GPL et d’éthaneNote de bas de page 1 sont donc passées de quelque 55 milliers de barils par jour (kb/j) au milieu des années 2000 à plus de 700 kb/j au cours des quatre premiers mois de 2015 (figure 1). Les exportations supplémentaires ont surtout pris la route des marchés outre-mer et celles vers le Canada ont beaucoup augmenté au moment de l’entrée en service du pipeline Vantage en mai 2014. Les importations canadiennes prennent surtout la forme d’éthane, acheminé par pipeline en Alberta et en Ontario [anglais seulement].

Source et description de la figure

Source : EIA

Description: Le graphique à barres présente les exportations de GPL et d’éthane à partir des États-Unis en fonction de leurs principales destinations, chaque famille de couleurs représentant une région précise (tons de rose pour l’Asie, de brun pour l’Afrique, de vert pour l’Europe, d’orange pour l’Amérique du Sud et de bleu pour l’Amérique du Nord et l’Amérique centrale). De 2003 à 2008, les exportations précitées étaient de l’ordre de 40 à 60 kb/j et surtout destinées à des pays d’Amérique latine. C’est en 2009 que les chiffres ont commencé à augmenter davantage compte tenu des nouvelles destinations européennes et asiatiques, grimpant en flèche entre 2013 et 2015.

L’Amérique latine est depuis toujours une destination pour les exportations de propane à partir des États-Unis, et cette région est d’une importance croissante. L’Europe, d’un accès facile depuis la côte américaine du golfe du Mexique et où la demande devrait normalement croître, constitue un marché d’exportation attrayant pour le propane nord-américain. Enfin l’Asie, qui présente depuis quelques années une croissance rapide et représente maintenant le plus gros marché pour le propane. Qui plus est, la demande devrait poursuivre sa poussée, surtout en Chine et en Inde.

Un point important à considérer par les analystes des marchés de l’Asie et de l’Amérique latine est celui de la qualité du produit. Contrairement aux marchés canadien et américain, ceux de l’Asie privilégient le propane à plus faible teneur en éthane (au plus 2 %). En Amérique latine, au-delà du seul propane, les mélanges avec du butane sont aussi prisés. Ces facteurs doivent être pris en considération par tout exportateur éventuel vers ces marchés.

Il est probable que les producteurs nord-américains désireux d’accroître leurs exportations outre-mer devront soutenir une forte concurrence de la part de fournisseurs d’autres régions du monde (en particulier du Proche-Orient). Néanmoins, l’occasion est belle pour l’Amérique du Nord d’accroître sa part des marchés mondiaux si les prix de son propane demeurent concurrentiels à long terme. L’agrandissement du canal de Panama en 2016 pourrait élargir l’accès vers les marchés asiatiques des producteurs présents sur la côte américaine du golfe du Mexique, mais en ce qui concerne d’éventuelles exportations à partir de la côte Ouest du Canada, les distances à franchir jusqu’aux ports de l’Asie du nord-est seraient moindres que pour nombre d’autres producteurs.

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